L'ostéopathie, un métier-passion

Formation

Interview de Patrick Féval, directeur général du Centre international d'ostéopathie (Cido) à Saint-Étienne et président du Syndicat national de l'enseignement supérieur en ostéopathie.

Patrick FévalQu'enseigne-t-on au Cido?

Le Cido existe depuis 1987 et depuis 1995, notre enseignement est réservé aux titulaires du baccalauréat. Les étudiants qui entrent chez nous suivent un cursus de 4 860 heures de formation sur cinq ans, dont 1 500 heures de pratique clinique.

L'apprentissage de l'ostéopathie nécessite un temps d'enseignement important. Globalement, le programme compte un tiers de sciences fondamentales (anatomie, physiologie, biophysique, biomécanique, immunologie ... mais aussi droit, gestion d'un cabinet..), un tiers d'ostéopathie et un tiers de pratique clinique.

D'où viennent vos étudiants ?

Nous comptons une moitié de bacheliers. Parallèlement, nous recevons également des étudiants qui se réorientent (à l'issue d'une prépa kiné par exemple) et un petit nombre de personnes en réorientation professionnelle. Nous sélectionnons les candidats sur dossier, puis sur tests de connaissances, tests de logique et entretien. Le Cido compte actuellement 300 étudiants. Nous nous limitons à 75 élèves par promotion.

L'ostéopathie n'est pas un métier comme les autres. Quel profil faut-il avoir pour bien l'apprendre et le pratiquer?

En effet, l'ostéopathie est un métier-passion. On ne soigne pas une maladie, on soigne un malade. Les étudiants qui entrent au Cido doivent être sensibles aux autres, avoir ce que l'on appelle couramment l'empathie. C'est un métier de contact, y compris physique.

Il nécessite une grande ouverture d'esprit, une curiosité, une soif de comprendre car il faut pouvoir imaginer l'activité physique du patient pour bien le soigner.

Une fois diplômés, que font vos étudiants?

L'ostéopathie est essentiellement une activité libérale, mais elle s'ouvre de plus en plus au salariat, dans les hôpitaux publics et privés, les maisons de personnes âgées (EHPAD) et les entreprises.

Les étudiants apprennent en pratiquantQuels sont les points forts du Cido ?

Le Cido dispose d'une clinique ostéopathique de grande qualité. Nous comptons environ 40 000 dossiers de patients issus de toute la région stéphanoise. Elle est ouverte tous les jours du lundi matin au samedi matin inclus. Les patients sont reçus sur rendez-vous. La consultation est payante (20 €). Cette clinique est la clé de voûte de notre enseignement, car nos étudiants, encadrés par des professionnels, y traitent eux-mêmes des patients.

Ainsi, ceux qui ont été diplômés l'an dernier ont mené plus de 180 consultations. Nous intervenons aussi en soins palliatifs au CHU, au service oncopédiatrie et dans un EHPAD.

D'où vient cet enseignement très tourné vers la pratique?

J'ai personnellement fait mes études en Angleterre. J'ai donc conservé une pratique pédagogique anglo-saxonne dans laquelle l'enseignement est axé sur la compétence professionnelle et où l'étudiant est véritablement acteur de son parcours.

 

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